Courrier: La dame qui a faire renaître le tissage des brocatelles Cham.
Inrahani, entreprise spécialisée dans le tissage des brocatelles de l’ethnic Cham, a remporté l’année dernière trois médailles d’or à la Foire-Exposition des produits artisenaux pour l’exportation à Ho Chi Minh ville, puis l’insigne “la main d’or” décernée par le Conseil central de l’Alliane des coopératives, lors de la Foire Giang Vo, à Ha Noi, “Assistance à la transmission du métier de brocatelles aux femmes des minorités ethniques”, récemment tenue à Ha Noi.
Résolue, au fort caractère. Tel est le portrait de Mme Thuân Thi Tru. Son mari Phu Tram et elle sont nés dans le village My Nghiêp, à 9 km du chef-lieu de Phan Rang. Leur village natal est connu depuis longtemps pour les brocatelles Cham et les vestiges historiques de grande valeur. Le village compte environ 2.500 habitants, dont seuls 2% de l’ethnie majoritaire Kinh, que nourrissent mal ses 100 hectares arables.
Avant la libération totale du Sud-Vietnam en 1975, les brocatelles de My Nghiêp se vendaient, pour l’essentiel, aux habitants des ethnies sur les Hauts Plateaux du Centre. Après 1975, cet artisanat tombait presque dans l’oubli, faute des matières premières. Ce n’est qu’à partir de 1985 que ce métier traditionnel de My Nghiêp se redresse peu à peu. Pourtant la production restait familiale, autarcique. Il faudra attendre la création de l’entreprise Inrahani en 1992 pour que les brocatelles Cham connaissent un second souffle et leur renommée actuelle.
* avec Ex-vice-précident Nguyen Thi Binh, 2010.
A quelle chose, l’échec est bon
A ses débuts, Inrahani n’était qu’une petite entreprise avec une dizaine d’employés. Vers 1993, les époux Tram-Tru recevaient une commande importante de 500 pièces et 10.000 mètres de brocatelles. Mais les consignes techniques n’étaient pas respectées et les produits restaient en stocks. Les amendes payées, mais que faire des stocks? L’époux Tram a eu alors une idée lumineuse, Système D. aidant, de transformer les tissus de brocatelles en gilets, en foulards, en ballots, en portefeuilles… pour les vendre à Ho Chi Minh ville. Ces produits font un malheur. Les deux époux ont décidé donc d’étendre leur production en circuit fermé, avec les produits finis à la sortie.
Lorsque le Service provincial industriel de Ninh Thuân mit en route le projet d’assistance aux PME, un prêt de 40 millions de dôngs leur fut accordé. Ils purent ainsi démarrer la production en grand. Tous ces efforts déployés leur ont permis d’obtenir des résultats encourageants. Les employés sont bien rémunérés. La vie des habitants s’est améliorée. Actuellement, les articles de label Inrahani sont abondants, de haute qualité et diversifiés. Ils ont investi le marché et sont apprécié par les clients nationaux et internationaux.
Inrahani dispose aujourd’hui d’une fabrique de tissage à My Nghiêp, d’un atelier de confection à Ho Chi Minh-ville, ainsi que d’un réseau de trois magasins, de onze points de vente en gros et en détail à Ho Chi Minh -ville, Da Lat, Nha Trang et Hanoi. L’entreprise emploie 180 tisserands, 20 tailleurs, 10 employés et vendeuses. Son éventail de produits se composent de 60 modèles, tels vêtements, havresacs, portefeuilles, nappes … d’une vingtaine de motifs Cham originaux et d’une trentaine d’autres d’adaptation.
Selon Mme Lê Thi Nhâm Tuyêt, Directrice du Centre d’études sur le sexe, la famille et l’environnement dans le développement, l’expérience de l’entreprise Inrahani apporte une bonne solution au problème de relancer les métiers d’artisanat chez les ethnies minoritaires.
CVN
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